Berliner Sommer

Ces derniers temps, j'avais parfois mauvaise conscience de si peu m'en faire mais comment échapper à l'atmosphère de Berlin l'été?
Vers trois heures l'après-midi, le soleil commence à frapper directement mes fenêtres, je résiste tant que je peux à la chaleur puis je m'accorde une glace dans la Gleimstrasse (une bonne adresse de marchand de glaces..) que je vais déguster dans Mauerpark où la bruyère est en fleurs, je m'installe sous les bouleaux, je lis, je regarde autour de moi et je reviens d'un pas plus que détendu vers chez moi.
Mercredi et jeudi il a fait tellement chaud que j'ai filé à la piscine découverte dans le parc d' Humboldthain où malgré le monde, on peut vraiment s'étendre confortablement après quelques longueurs slalomées et regarder le ciel brillant à travers les feuillages.Le soir l'odeur du Tilleul distille un parfum de miel.
L'année dernière je voulais écrire un billet à ce sujet où j'aurais inséré ce poème que les musiciens connaissent :
Ich atmet' einen linden Duft!Im Zimmer stand
Ein Zweig der Linde,
Ein Angebinde
Von lieber Hand.
Wie lieblich war der Lindenduft!
Wie lieblich ist der Lindenduft!
Das Lindenreis
Brachst du gelinde!
Ich atme leis
Im Duft der Linde
Der Liebe linden Duft.
Le tilleul est bien l'emblème de Berlin au mois de juin. Il hante les rues tout le mois et sucre voitures et passants de son suc!
Je travaille pourtant mais depuis que les cours sont finis à la Volkshochschule, je traverse le Tiergarten le matin plutôt en allant répéter à l'UDK, je remarque des nouveaux chants d'oiseaux, les chardonnerets et les pinsons gazouillent, il fait frais dans le bois. Que demander de plus?
Tout à l'heure cependant j'avoue avoir eu quelque humeur en rentrant d'une répétition inutile, j'ai voulu changer de chemin et je suis sortie à la hauteur de la porte de Brandenbourg où j'ai commencé à pester en voyant l'installation et le monde. J'ai cru débarquer dans une quelconque Sommerfest, tables et bancs dégustation de saucisses, pommes (frites) et bière, sono à l'appui. Il s'agissait en fait de (la suite de) l'inauguration de l'ambassade américaine sur Pariser Plaz, ce qui m'a profondément agacée. J'ai compris ensuite en lisant la presse d'où venait le feu d'artifice entendu hier soir.
J'étais alors dans un endroit tout à fait insolite et inconnu, un salon de thé offert à Berlin par le président du Tadjikhistan: coussins, colonnes de bois torsadées, atmosphère feutrée et musique orientale. Je ne dirai pas où c'est! un décor un peu mille et une nuits plus propice aux entretiens secrets qu'aux conversations philosophiques comme celle que j'ai subie hier.
Je commençais à trouver de plus en plus plaisante ma vie ici, à trouver que la liberté n'était pas trop chère payée quand une candidature réussie m'a rappelée aux dures responsabilités. J'espère aimer et jouir autant de Berlin, avec un avenir assuré...






