05 juillet 2008

Berliner Sommer


Ces derniers temps, j'avais parfois mauvaise conscience de si peu m'en faire mais comment échapper à l'atmosphère de Berlin l'été?
Vers trois heures l'après-midi, le soleil commence à frapper directement mes fenêtres, je résiste tant que je peux à la chaleur puis je m'accorde une glace dans la Gleimstrasse (une bonne adresse de marchand de glaces..) que je vais déguster dans Mauerpark où la bruyère est en fleurs, je m'installe sous les bouleaux, je lis, je regarde autour de moi et je reviens d'un pas plus que détendu vers chez moi. Mercredi et jeudi il a fait tellement chaud que j'ai filé à la piscine découverte dans le parc d' Humboldthain où malgré le monde, on peut vraiment s'étendre confortablement après quelques longueurs slalomées et regarder le ciel brillant à travers les feuillages.



Le soir l'odeur du Tilleul distille un parfum de miel.
L'année dernière je voulais écrire un billet à ce sujet où j'aurais inséré ce poème que les musiciens connaissent :
Ich atmet' einen linden Duft!
Im Zimmer stand

Ein Zweig der Linde,

Ein Angebinde

Von lieber Hand.

Wie lieblich war der Lindenduft!
Wie lieblich ist der Lindenduft!
Das Lindenreis
Brachst du gelinde!
Ich atme leis
Im Duft der Linde
Der Liebe linden Duft.

Le tilleul est bien l'emblème de Berlin au mois de juin. Il hante les rues tout le mois et sucre voitures et passants de son suc!

Je travaille pourtant mais depuis que les cours sont finis à la Volkshochschule, je traverse le Tiergarten le matin plutôt en allant répéter à l'UDK, je remarque des nouveaux chants d'oiseaux, les chardonnerets et les pinsons gazouillent, il fait frais dans le bois. Que demander de plus?

Tout à l'heure cependant j'avoue avoir eu quelque humeur en rentrant d'une répétition inutile, j'ai voulu changer de chemin et je suis sortie à la hauteur de la porte de Brandenbourg où j'ai commencé à pester en voyant l'installation et le monde. J'ai cru débarquer dans une quelconque Sommerfest, tables et bancs dégustation de saucisses, pommes (frites) et bière, sono à l'appui. Il s'agissait en fait de (la suite de) l'inauguration de l'ambassade américaine sur Pariser Plaz, ce qui m'a profondément agacée. J'ai compris ensuite en lisant la presse d'où venait le feu d'artifice entendu hier soir.
J'étais alors dans un endroit tout à fait insolite et inconnu, un salon de thé offert à Berlin par le président du Tadjikhistan: coussins, colonnes de bois torsadées, atmosphère feutrée et musique orientale. Je ne dirai pas où c'est! un décor un peu mille et une nuits plus propice aux entretiens secrets qu'aux conversations philosophiques comme celle que j'ai subie hier.

Je commençais à trouver de plus en plus plaisante ma vie ici, à trouver que la liberté n'était pas trop chère payée quand une candidature réussie m'a rappelée aux dures responsabilités. J'espère aimer et jouir autant de Berlin, avec un avenir assuré...

25 juin 2008

Fussballmania

Aujourd'hui comme jeudi dernier les premiers visiteurs ont commencé à faire la queue deux heures et demie avant le début du match pour entrer dans l'Umspannwerk, où il n'y a pas un écran géant mais quatre, lorsque l'Allemagne joue. Deux écrans dans l'immense aile de droite où les clameurs sont généreusement amplifiées par l'accoustique, et un dans chacune des deux cours.



A 19 heures il est devenu très difficile de traverser la rue en voiture. Un quart d'heure plus tard, la queue va jusqu'au pont!



Et que fait-on en attendant le début du match? On boit des bières évidemment. L'heureux acquéreur du bâtiment peut se réjouir de son bien. Les affaires marchent!
J'avais failli commencer à m'intéresser au foot quand tout cela m'a brusquement paru absurdement excessif et démesuré.
Hurlements deux heures avant, deux heures après, même si je ne veux pas suivre le match je ne peux pas le manquer. J'ai la retransmission en direct.
J'attends de voir les réactions après cette rencontre Allemagne-Turquie.
Certains se font une joie d'aller étudier de près l'atmosphère dans Kreuzberg.


Comme il est interdit d'entrer avec bouteilles un type malin s'est installé avec son petit caddie orné de deux drapeaux et il récupère les bouteilles consignées. Il a raison, c'est ça le génie du commerce.

15 juin 2008

Vendredi 13

Je me suis inscrite à un pensum de blogueur qui s'appelle la "rédac du mois". C'est bien un truc de prof me direz-vous..
J'ai bien failli renoncer quand j'ai appris le sujet parce que j'avais bien autre chose à raconter que de parler des superstitions mais finalement, ça va me permettre de faire une transition vers un thème d'actualité : la coupe d'Europe.
C' est un Ethiopien à côté de qui je me suis retrouvée hier, sur un banc de l'Umspannwerk en face de chez moi pour regarder le match France-Hollande, qui m'a rappelé que nous étions le vendredi 13. C'est sans doute pour ça que les Français ont perdu et les Hollandais gagné!
Voilà ce que valent les superstitions, vaste question sur laquelle ces collègues se creusent la tête :

1/ Laurent, 2/ Olivier, 3/ Bergere, 4/ Bertrand, 5/ Bluelulie, 6/ Hibiscus, 7/ Anne, 8/ Julien, 9/ Chantal, 10/ Looange, 11/ Froggie, 12/ Jo Ann v, 13/ William, 14/ Catie, 15/ Nanou, 16/ Cecfrombelgium, 17/ Gally, 18/ Julie70, 19/ Gazou, 20/ BlogBalso, 21/ Vladyk, 22/ Lydie, 23/ Guy Cardinal, 24/ Optensia, 25/ Joël, 26/ Linda, 27/ Denis, 28/ Julie, 29/ Le chat qui, 30/ Ckankonvaou, 31/ Lodi, 32/ Mahie, 33/ Asibella, 35/ Brigetoun, 36/ Amanda, 37/ Renée, 38/ Mouton, 39/ Agnes,


Je ne m'intéresse pas du tout au foot, j'étais juste un peu vexée que les Français se soient fait river leur clou. Il faut dire qu'ici la retransmission des matchs de foot crée une très bonne atmosphère; c'est une occasion de se retrouver, dans un contexte bon enfant, toutes origines, classes sociales et sexes confondus.


La preuve, lui, il n'est pas superstitieux et ce n'est pas parce qu'il lit son journal qu'il ne saura pas le résultats.


Pour en revenir aux superstitions, j'aurais toujours voulu y croire, mais ce n'était pas suffisant.
Un peu comme pour l'homéopathie.


Un élève m'a raconté qu'étant petit il conservait pieusement dans un petit sachet ses dents de lait, persuadé qu'elles lui porteraient bonheur et qu'il réussirait à l'école grâce à elles. Comme il leur a un peu trop fait confiance, il a cessé progressivement de travailler, et a récolté des notes de plus en plus mauvaises. Effet inverse du placebo, il a dû se convaincre de ceci "aide-toi, le ciel t'aidera!"

Il me revient à l'esprit un des plus ennuyeux cours de philosophie de khâgne sur le thème de la croyance : on y établissait une subtile distinction entre les différentes formes de croyance en passant par la superstition, mais cela dépasse l'ambition de ce blog.

Dans la même lignée, j'ai vu récemment une mise en scène des Scènes de la vie de Jeanne d'Arc, un opéra de Braunfels, un compositeur récemment réexhumé, mis en scène par le metteur en scène Schlingensief, bouillonnant d'idées et souvent provocateur.
Cette figure étonnante qui avait des communications avec "l'au-delà" y est présentée avec un mélange d' ironie, de perplexité et peut-être de conviction.

Une bonne occasion de réfléchir à un sujet qui dépasse notre entendement..